Conférence ET2017 de Barcelone

Parce que cela m’est un peu resté en travers de la gorge, je souhaiterais discuter de la caricature qu’a produite un journaliste au cours d’un séminaire à Barcelone. Celui-ci remettait en cause la théorie du contenu de marque, et qui a bien sûr fait l’effet d’une bombe dans l’assemblée. Le reproche faite à l’égard des marques d’empiéter sur le métier des éditeurs est passablement fréquent. Mais sa rengaine systématiquepar des experts autoproclamées, comme si le contenu était une espèce de tour d’argent où les marques feraient taches m’a toujours paru suspecte. Cette condamnation est souvent formée sur l’intuition qu’il y aurait au sommet des éminences grises qui sait et qui doit éduquer la masse qui ne sait pas. C’est l’idée qu’il faut empêcher les consommateurs de se faire berner par les marques, parce qu’ils sont de différencier une publicité maquillée du vrai contenu. L’expérience que je peux faire généralement dans les consommateurs, c’est que nous avons plutôt affaire à des auditeurs éclairés, informés des fonctionnements de la communication marketing. Ils savent parfaitement faire la part des choses entre des contenus à vocation commerciale, des contenus à vocation éditoriale, des contenus qui réunissent les deux. Evidemment, les demandes de respect de la déontologie restent légitimes (je pense tout particulièrement au brand content à l’adresse des petits), et il est crucial de le prendre en considération. Certains terrains doivent certainement des domaines à défendre contre la présence des marques. Cependant, ces restrictions ne doivent pas servir dune justification pour interdire à l’individu la possibilité d’évaluer de façon autonome les contenus en question. L’unique condition fondamentale est d’être en mesure d’authentifier qui lui parle, et son but. S’il est vrai que le consommateur a pris le contrôle, il n’y a aucune raison que ce pouvoir ne s’exerce pas aussi sur les médias habituels. Les marques sont d’après moi réaliser des contenus aussi valables que les médias. Ce colloque a révélé une fois de plus à quel point les médias classiques craignent l’arrivée de ces nouveaux éditeurs. Mais charge à eux de confirmer leur valeur, parce qu’ils ne peuvent plus se satisfaire de la claironner.Plus d’information est disponible sur le site de l’agence de voyage de ce séminaire entreprise à Barcelone. Suivez le lien.

Un milliard de morts

A l’occasion de la journée mondiale sans tabac, l’Organisation mondiale de la santé alerte: le tabac “aggrave la pauvreté et bride la productivité économique”. Le tabagisme, un fléau pour la planète, alerte l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à l’occasion de la journée mondiale sans tabac. Malgré toutes les campagnes engagées pour réduire sa consommation, il fait plus de 7 millions de victimes chaque année, contre quelque 4 millions au début du 21e siècle, selon de nouveaux chiffres. Principale cause évitable des maladies non transmissibles, le tabac tue la moitié de ceux qui en consomment. Selon l’OMS, il pourrait provoquer au cours du siècle jusqu’à un milliard de morts dans le monde. Des victimes qui se concentrent dans les pays les plus pauvres de la planète, puisque plus de 80% des décès surviendront dans des pays à revenu faible ou intermédiaire d’ici à 2030. En France également, le tabagisme se développe chez les plus pauvres alors qu’il recule chez les plus aisés. Le tabagisme représente un lourd fardeau économique: chaque année, il coûte aux particuliers et aux gouvernements plus de 1400 milliards de dollars (1250 milliards d’euros) en dépenses de santé et en perte de productivité, soit 1,8% du produit intérieur brut (PIB) mondial. Le tabac “aggrave la pauvreté, bride la productivité économique, pousse les ménages à faire de mauvais choix alimentaires et pollue l’air intérieur”, affirme la directrice générale sortante de l’OMS, le Dr Margaret Chan. Le procès se s’arrête pas là, puisque l’environnement est également une victime du tabac, dénonce l’OMS. Au total, près des deux-tiers des 15 milliards de cigarettes vendues chaque jour sont jetées dans l’environnement, soit 2 sur 3. Des déchets qui “contiennent plus de 7000 produits chimiques toxiques qui empoisonnent l’environnement, y compris des substances cancérogènes”, selon le rapport. Des solutions? L’interdiction du marketing et de la publicité, le paquet neutre, l’interdiction dans les lieux publics intérieurs et les lieux de travail, et l’augmentation des taxes et prix du tabac, préconise l’OMS. Quant à la France, elle mise également sur la responsabilisation des fumeurs avec le dispositif “Tabac info service” qui leur propose un coaching en ligne pour abandonner la cigarette.

Le TGV est devenu un luxe

La vitesse a un coût, donc un prix. Et lorsque la vitesse augmente, les tarifs suivent. Il était donc prévisible que la mise en service en juillet prochain des TGV de la ligne «Océane» vers Bordeaux et de la ligne «Armorique» à Rennes, vingt-huit ans après le TGV Atlantique, se traduise par une augmentation des tarifs sur ces destinations. Pour un gain de temps de 35 minutes entre Paris et Rennes et de 70 minutes entre Paris et Bordeaux, la SNCF commercialise depuis le 15 mars des billets TGV moyennant une hausse de 6 euros dans le premier cas et de 10 euros dans le second pour un trajet simple en première classe payé plein tarif. Soit environ 15% de hausse sur la base d’un tarif à 67 euros pour Bordeaux. Un saut quantitatif important; tout dépend de la valeur que l’on donne au temps gagné. Toutefois, compte tenu des modulations tarifaires qui prennent en compte les horaires des trajets et les jours ainsi que les délais de réservation, il ne s’agit là que d’une moyenne sur les tarifs de base. Par exemple, la SNCF met en avant une offre pouvant descendre à 45 euros pour Bordeaux et 35 euros pour Rennes. Mais il s’agit de tarifs sur les trains… les moins demandés. Car, à l’inverse, elle propose déjà aujourd’hui des trajets Paris-Bordeaux à 85 euros en deuxième classe à certaines heures de pointe pour un billet acheté la veille, ce qui portera le coût du trajet à près de 100 euros plein pot avec les futurs TGV! Et sur le trajet Paris-Rennes où certains tarifs en deuxième classe sans réduction atteignent déjà 80 euros, on dépassera 85 euros. Enfin, pour un billet de première classe, compter jusqu’à 30 à 40% en plus. Certes, des billets sont aussi proposés à des tarifs moins élevés… mais sur des créneaux horaires par définition moins intéressants pour la majorité des passagers. C’est le principe même de la modulation tarifaire. La grande vitesse ferroviaire en France, comme dans les autres pays où elle existe, est devenue un produit de luxe. Mais tous les pays n’ont pas fondé leur modèle économique de grande vitesse sur le transport de masse. Dans la mesure où, pour ne pas creuser la dette qui approche déjà 53 milliards d’euros, le groupe SNCF a choisi de recourir au système de la concession pour construire et exploiter ces deux nouvelles lignes (avec Vinci vers Bordeaux et Eiffage vers Rennes), il doit rémunérer les concessionnaires le temps du contrat. Dans ces conditions, un redressement tarifaire complémentaire était inévitable compte tenu de l’arrivée d’un acteur supplémentaire dans le modèle économique de chacune de ces lignes. Toutefois, pour couper court aux critiques et continuer à présenter le TGV comme un moyen de transport populaire, la SNCF multiplient les offres parallèles à prix cassés. Pour les voyageurs qui sont prêts à programmer leur trajet plusieurs mois à l’avance, ou à prendre un train en dehors des heures de pointe, ou à se rendre en gare de Marne-la-Vallée plutôt que dans une gare du centre de Paris, la société ferroviaire multiplie ses offres à prix réduits. «Presque plus personne ne paie son billet TGV au plein tarif», ironise Guillaume Pépy, président de la SNCF, depuis longtemps. En plus des abonnements, programmes de fidélité ou autres réductions (cartes enfant+, jeunes, week-end, senior…), la SNCF met en avant ses TGV Ouigo à partir de 10 euros, et propose une offre élargie de ses billets Prem’s à 20 euros sur Rennes et Nantes ou 25 euros sur Bordeaux et Toulouse; des tarifs véritablement low cost,  trois à quatre fois moins cher que ceux d’un billet normal. Sans parler de la nouvelle offre TGV POP qui fonctionne sans imposer de délai de réservation, mais implique que l’on dégage un certain temps pour comprendre l’application et la gérer.

La grande zizanie

Jamais une élection présidentielle n’aura eu une telle importance que celle qui aura lieu en mai prochain. Et pourtant, pour la première fois de ma vie d’électeur, je ne sais pour qui je vais voter. Et le pire, c’est que je ne suis pas le seul dans ce cas de figure ! La semaine dernière, j’ai fait un incentive à Malte où j’en ai discuté avec d’autres personnes. Et j’ai pu voir que beaucoup étaient comme moi : ils reconnaissaient l’importance de cette élection, mais n’avaient pour autant aucune envie de voter. Et ce, pour une raison toute simple : aucun candidat ne leur semblait acceptable. Ce n’est pourtant pas le choix qui manque, pour ces élections. On nous propose au contraire des choix de société très différents. Entre la droite dure de Fillon, la gauche rose foncé de Hamon, le repli nationaliste de Le Pen, et la fausse révolution de Macron, on n’a que l’embarras du choix. Et pourtant aucun de ces candidats ne semble en lien avec la réalité. Fillon ? Comment accepter son austérité quand on sait qu’il ne se l’impose pas à lui-même ? Macron, le fils prodigue des banques, alors que la finance a fait tant de dégâts ? Hamon et son revenu universel ruineux ? Le Pen, qui veut revenir au franc ? Non, décidément, aucun de ces candidats ne paraît en phase avec la réalité ; tous sont dans la caricature et proposent des solutions irréalistes. Tous nous feront un tort considérable, s’ils sont élus. Alors quoi, qu’est-ce qu’il nous reste ? C’est bien là tout le fond du problème : personne. Quel que soit le candidat qui sera élu, nous en serons victime. Du coup, cela me donne envie de me pencher sur les candidatures citoyennes dont on entend pour le moment très peu parler. Personne ne mise un sou sur eux pour l’instant, moi le premier d’ailleurs. Mais je me dis qu’ils pourraient bien créer la surprise. D’une part, quand commenceront vraiment les débats, chaque candidat devra avoir le même temps à l’antenne : ces candidats-là auront alors une meilleure visibilité. D’autre part, si beaucoup d’électeurs sont comme moi (ce qui semble être le cas), ils pourraient s’intéresser aux candidats véritablement anti-système, parce que non issus de l’apparatchik politique. Bref, on verra. Soit dit en passant, j’ai bien apprécié cet incentive à Malte ; l’organisation était aux petits oignons. Voilà le site de l’agence qui l’a préparé, si vous souhaitez organiser un événement.

Dix mesures pour griller Trump

Aujourd’hui, nous avons le vent en poupe. Si nous prenons un tout petit peu de temps pour accomplir le plan d’action ci-dessous, je suis convaincu que nous réussirons à arrêter les forces du mal incarnées par Donald Trump. Mes amis, bienvenue dans le “plan d’action en dix étapes de Michael Moore pour arrêter Trump”. Tout d’abord, il faut dire tout haut ce que nous pensons tous: Trump est très, très mal parti. Manipulé par les Russes, entouré d’imbéciles d’extrême-droite et déambulant en peignoir, seul, dans une Maison-Blanche quasiment vide: il est “dans la merde”, comme l’a déclaré un sympathisant en refusant un poste à la NSA. Cela fait à peine un mois qu’il est devenu “président”. Pourtant il reste de l’espoir. Car voici le contexte actuel, en Amérique: Des dizaines de milliers de citoyens à travers tout le pays ont déferlé dans les bureaux des membres du Congrès et des réunions publiques pour exprimer leur colère face au programme du gouvernement. Un membre des Républicains, découragé après avoir subi trois heures d’attaques verbales de la part d’électeurs furieux, a affirmé hier soir devant les caméras: “C’est un fait, [les défenseurs de l’Obamacare] ont gagné”. Un tribunal fédéral a bloqué le premier décret antimusulman de Donald Trump. Ou, plutôt, QUATRE tribunaux. Il a accepté sa défaite et ne fera pas appel auprès de la Cour suprême. Ce qui ne l’empêchera pas de tenter de faire passer un nouveau décret. Je lui souhaite bien du courage, à ce fils d’immigré écossais! Le candidat démocrate progressiste Keith Ellison est le favori à l’élection du président du Parti démocrate, samedi 25 février. Il est aussi probablement le mieux placé pour REMETTRE DE L’ORDRE dans tout ce bordel. Un grand plan de recrutement a également commencé, dans tout le pays, pour trouver les candidats les plus compétents qui se présenteront aux élections locales et fédérales en 2018. Des millions de citoyens se sont engagés à ne pas laisser la débâcle de 2016 se reproduire. Notre superbe “Armée du rire” en met plein la vue, avec ses pelotons d’humoristes satiriques menés par Alec Baldwin et Melissa McCarthy! L’imitation décapante du porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, par Melissa McCarthy dans l’émission Saturday Night Live a mis Trump hors de lui, au point qu’il a songé à se débarrasser de l’intéressé. Selon Politico, il ne supporte pas l’idée qu’une femme puisse parodier l’un de ses principaux collaborateurs. Aujourd’hui, nous avons le vent en poupe. Si nous prenons un tout petit peu de temps pour accomplir le plan d’action ci-dessous, je suis convaincu que nous réussirons à arrêter les forces du mal incarnées par Donald Trump. Nous pouvons lui mettre des bâtons dans les roues à chaque étape et réussir à le faire tomber. Maintenant, parlons de notre… Vous avez entre les mains un pouvoir incroyable, rien qu’en passant ce coup de fil quotidien tout simple. Je sais d’expérience que ça a des conséquences énormes. Les politiciens se mettent à paniquer s’ils reçoivent ne serait-ce que dix appels sur un même sujet. Alors, imaginez s’ils en reçoivent 10.000! Le plafond du Congrès va finir par sauter! REMARQUE: vous pensez peut-être que vous n’êtes pas concerné parce que votre représentant est démocrate! Eh bien, c’est FAUX. Eux aussi doivent entendre vos plaintes. Ils doivent savoir qu’ils ont votre soutien. Vous ne me croyez pas? Notre chère sénatrice Elizabeth Warren a voté pour que le Républicain Ben Carson devienne secrétaire au Logement et à l’Urbanisme! Je suis sûr que personne, dans le Massachusetts, n’a même pensé à l’appeler. IL LE FAUT! Elle et les autres Démocrates doivent savoir ce que veut le patron: VOUS! Ils travaillent pour NOUS. Et les patrons discutent tous les jours avec leurs employés! Passer cet appel quotidien n’a rien de compliqué. Pour appeler un représentant au Congrès ou au Sénat dans l’État de Washington, appelez le 202-225-3121 (ou le 202-224-3121, si le numéro précédent est occupé). Mieux encore, appelez leur ligne directe. Pour les sénateurs, vous trouverez les numéros ici. Pour les membres de la Chambre des représentants, cliquez ici. Bonne nouvelle: quelqu’un a créé une application pour rendre ces opérations encore plus simples. Allez dans l’App Store et choisissez “5 Calls”. L’appli composera les numéros et vous indiquera les sujets à aborder avec vos élus. Voici à quoi peut ressembler une semaine type d’appels quotidiens. Le lundi, appelez votre représentant(e) au Congrès. Rappelez que vous ne souhaitez pas que le gouvernement supprime l’Obamacare. Vous voulez même qu’il l’améliore, pour bénéficier d’un service de santé pris en charge par l’État, comme dans tous les pays “civilisés”. Le mardi, appelez le premier de vos sénateurs et dites-lui de voter NON à la nomination de Rick Perry comme secrétaire à l’Énergie. Il ne savait même plus que ce ministère existait (et encore moins ce dont il était chargé!). Le mercredi, appelez le deuxième sénateur. Demandez-lui de faire tout son possible pour empêcher la nomination de Neil Gorsuch à la Cour suprême. Le jeudi, appelez votre représentant local, dans la capitale de votre État. Dites-lui que vous voulez que le gouvernement local vote en faveur d’une loi qui interdit l’incarcération des consommateurs de drogues non violents. Le vendredi, appelez le sénateur ou la sénatrice de votre État. Dites-lui que vous voulez qu’il ou elle soutienne toutes les mesures visant à limiter les activités qui participent au changement climatique. Si vous préférez procéder par écrit, entrez votre adresse sur democracy.io pour savoir comment contacter chacun des élus.

Fichu féminisme

On peut aimer une chose, ça ne veut pas forcément dire qu’on est bon dans le domaine. Tenez, la cuisine, par exemple. J’aime cuisiner. Vraiment. Ça ne veut pas dire pour autant que je sache cuisiner. Au contraire, je suis même assez médiocre dans le domaine. Alors, récemment, j’ai décidé de m’améliorer, en effectuant un cours de cuisine à Lille. Et je dois dire que j’y ai effectivement appris quelques astuces parfois surprenantes. Je regrette une seule chose, au final : c’est d’avoir été seul à ce cours. J’ai bien essayé d’entraîner ma chère et tendre dans l’aventure, mais je m’y suis cassé les dents. Il faut dire que la cuisine et ma femme, ça fait deux. Elle a toujours opposé un refus clair et net au fait de cuisiner. Sa réaction m’a toujours paru assez démesurée, d’ailleurs. Pour elle, se mettre aux fourneaux, ce serait s’assujettir au cliché de la femme domestique. Et ça, c’est bien entendu hors de question. A mon sens, c’est assez burlesque, comme point de vue. Je m’obstine à m’occuper de tout ce qui est électrique même si c’est un travail réservé à la gente masculine. Je pourrais bien évidemment refuser de m’en occuper, mais qui le ferait alors ? Et puis, il est tout de même ahurissant de s’interdire de cuisiner dans le seul but d’éviter la caricature. Mais allez donc expliquer cela à ma femme. Dès lors qu’elle s’est fixée une direction, il est quasi impossible de lui faire admettre son erreur. Du coup, à la maison, l’éventail gastronomique reste relativement réduit : c’est soit la cuisine sommaire de monsieur, soit les barquettes micro-ondables de madame. Cela dit, cela a aussi ses avantages : mes enfants sont ravis d’aller à la cantine et sont beaucoup moins difficiles que beaucoup d’autres élèves ! Soit dit en passant, si la cuisine vous plaît, je vous conseille vraiment d’essayer les cours de cuisine. L’ambiance y est décontractée et on y apprend beaucoup de trucs. Tenez, je vous mets en lien le site par lequel je suis passé pour faire ce cours de cuisine à Lille.

cuisine8.jpg

Quand la police manifeste

Appels à rassemblement, rencontre avec le président François Hollande: en plein état d’urgence en France, les syndicats de policiers tentent de reprendre la main sur un mouvement de colère inédit qui contraint le gouvernement socialiste à agir en urgence. Pour la cinquième soirée consécutive à Paris, après la Tour Eiffel et les Champs-Elysées notamment, quelques centaines de policiers se sont rassemblés vendredi cette fois sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. Après avoir rallié l’Hôtel de ville, la manifestation a pris fin vers 1h du matin. Des rassemblements ont eu lieu également en province, comme à Lille ou Marseille. Les policiers réclament plus de moyens en dénonçant leurs voitures «en ruine», le manque d’effectifs, les gilets pare-balles hors d’âge… Ils soulignent aussi la forte pression depuis les attentats jihadistes de janvier 2015, l’organisation de l’Euro de football en juin et les conflits sociaux du printemps émaillés de violences. Et près de deux ans après avoir été ovationnés par les Français après l’attentat contre le journal Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, ils réclament un soutien dont ils s’estiment privés. «Vous demandez des moyens, nous vous les donnons. Vous demandez du soutien, il vous est acquis», a assuré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dans une lettre envoyée vendredi aux policiers. Le patron de la police, Jean-Marc Falcone, a indiqué vendredi qu’il ferait des propositions «la semaine prochaine» au ministre sur les moyens matériels. C’est une violente attaque au cocktail Molotov d’un véhicule de police en banlieue parisienne le 8 octobre qui a déclenché la fronde. Deux policiers ont été très grièvement brûlés, et l’un d’eux, âgé de 28 ans, est toujours plongé dans un coma artificiel. Sans consigne syndicale, les agents, en civil et munis d’un brassard rouge «police», sont descendus dans la rue et obtenu certains gages. Désavoués par leur base, les syndicats, qui réclamaient d’être reçus en urgence par le président socialiste François Hollande, ont obtenu gain de cause. Le chef de l’Etat a annoncé qu’il les recevrait «en début de semaine». Ils ont également appelé à des «rassemblements silencieux» devant les tribunaux tous les mardis pour demander la «révision du cadre juridique d’emploi des armes» afin d’assouplir les règles de la légitime défense et la «mise en place de peines plancher pour les agresseurs de membres des forces de l’ordre et services de secours». Ces peines ont été créées sous la droite (2007-2012) et abrogées sous François Hollande. Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas, qui a déjà reçu les syndicats, a promis «la plus grande fermeté» pour les agresseurs mais refusé de rétablir les peines planchers. Des appels à ne pas baisser la garde ni laisser les syndicats récupérer un mouvement né indépendamment circulaient vendredi entre policiers. Le gouvernement a tenté ces derniers jours de jouer la conciliation. Jeudi, le premier ministre Manuel Valls a exhorté les policiers à «continuer le dialogue». En même temps, les responsables socialistes ont aussi condamné l’«utilisation politique» du mouvement par l’opposition de droite et d’extrême droite en pleine campagne électorale, à six mois de la présidentielle. L’ex-premier ministre et favori à la primaire de la droite, Alain Juppé, a préconisé vendredi des mesures «d’urgence pour redonner confiance à nos policiers et les soutenir». Le ministre de l’Intérieur a annoncé mercredi le lancement en novembre d’un plan «de sécurité publique» et des concertations dès lundi dans toute la France avec les policiers et leurs représentants syndicaux. Leurs conclusions seront remises «en décembre pour mise en oeuvre immédiate dès 2017». Mais la colère n’est pas retombée. Vendredi soir, dans le cortège parisien, les fonctionnaires ont scandé : «Arrêtez la politique du chiffre, on veut des effectifs», «Policiers en colère, citoyens solidaires». Un vaste plan de moyens matériels supplémentaires (fusils d’assaut, voitures, gilets pare-balles) avait été décidé après les attentats de 2015, mais les équipements ont surtout bénéficié aux unités spécialisées au détriment des effectifs de sécurité publique.

Conduite sur neige!

conduiteglace7.jpg

Catalogne: indépendance extérieure

Les partis politiques catalans, comme presque toutes les formations politiques qui renaîtront ou apparaîtront au cours de la transition démocratique espagnole, développent donc, pour l’essentiel, des positions très pro-européennes. C’est, entre autres, pour cette raison que le parti présidé par Jordi Pujol accordera son appui aux gouvernements socialistes de Felipe Gonzalez sur les positions fondamentales de la construction européenne. Par ce soutien, le leader nationaliste catalan, arrachera d’importantes concessions. Le gouvernement espagnol organisera ainsi la Conférence Euro-Méditerranée dans la capitale de la Catalogne en plus de reconnaître, et de mêler, ce qui est un précédent sérieux, les régions à l’élaboration de la position espagnole devant l’Union européenne. Le soutien de Pujol au gouvernement espagnol aurait, sans ces deux réalisations, été de plus courte durée. Jordi Pujol annoncera en effet, dès l’été 1995, la rupture et la nécessité d’organiser des élections anticipées. 11 prolongera son appui au gouvernement espagnol d’un semestre pour ménager la présidence espagnole de l’Europe et pour gagner en influence durant la conférence. Jordi Pujol donnera aussi son soutien au gouvernement de José Maria Aznar pour les mêmes raisons. Selon Lluis Bassets, Pujol appuiera le Parti Popular pour éviter que l’instabilité politique causée par un gouvernement minoritaire ne nuise aux chances de l’Espagne de faire partie du premier groupe de la zone Euro. Jordi Pujol a ainsi accordé son soutien à un chef de parti plutôt tiède aux nationalistes catalans pour que les politiques de convergence économique et monétaire ainsi qu’une politique de réduction du déficit et de l’inflation puissent être mises en oeuvre. On peut affirmer, sans risque de se tromper, que sans l’appui des nationalistes catalans, l’Espagne n’aurait jamais été du premier groupe de la zone Euro. L’appui de Pujol au gouvernement de José Maria Aznar coûtera cher à ce dernier. En effet, le Parti Popular qui a fait une campagne électorale très anticatalane sera obligé de faire de nombreuses concessions aux revendications de la du. Certaines visent la participation des communautés autonomes à l’élaboration de positions espagnoles devant l’Union européenne. A lire dans Séminaire Espagne.

Union nationale ?

Des personnalités politiques en France ne répugneraient pas à l’idée de faire un brin de chemin avec le camp d’en face. Plusieurs pays en Europe sont parvenus à réunir la droite et la gauche dans une ambiance parlementaire supposément pacifiée. Mais pour quel résultat?Un chef d’État ou de gouvernement devrait peut-être adopter les basiques principes d’un bon sélectionneur de football: prendre les meilleurs dans le vivier des équipes locales pour constituer la “dream team” nationale. Présentée sous les aspects du bon sens et de la logique, cette idée commence à faire florès en France: des personnalités politiques ne répugneraient pas à l’idée de faire un brin de chemin avec le camp d’en face. A droite, le député UDI et maire de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromantin, ou le parlementaire UMP Benoist Apparu. A gauche, l’avocat encarté au PS Jean-Pierre Mignard ou Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires étrangères, favorable à une “coalition momentanée pour réussir quelques réformes clés”. Dans leur plaidoirie, ces avocats de la coalition droite-gauche avancent d’abord l’échec du régime d’alternance à l’oeuvre depuis une quarantaine d’années et puis le caractère factice des querelles partisanes de campagne, qui masquent dans l’exercice du pouvoir une ressemblance saisissante des politiques économiques menées par les deux camps. Mais les “unionistes” font référence aux expériences étrangères. Et, effectivement, en Europe, plusieurs pays parviennent à réunir la droite et la gauche dans une ambiance parlementaire supposément pacifiée. Mais pour quel résultat politique et économique? Sur le plan électoral, la coalition nationale droite-gauche ne semble pas faire recette depuis la crise économique de 2007. Par exemple, en 2011, la Finlande additionne les forces des conservateurs et des sociaux-démocrates, mais les élections de 2015 sanctionnent l’attelage. A la même période, mais cette fois en Italie, Mario Monti, avec son gouvernement de techniciens, recevra le soutien de deux principaux partis de gouvernement mais essuiera une cuisante défaite deux ans plus tard avec seulement 10,5% des suffrages. Plus récemment, en mars 2016, les électeurs irlandais ont sanctionné l’alliance formée par le parti de centre droit Fine Gael et le Labour irlandais. Sur le papier, le régime de la coalition tient presque de la martingale: les deux forces proeuropéennes et modérées vont s’unir pour neutraliser leur périphérie. Alliée à la gauche, la droite libérale au pouvoir ne se soucie plus des frasques de la droite populiste. Alliés à la droite, les sociaux-démocrates ne cherchent plus à s’attirer les bonnes grâces de sa gauche eurosceptique et dépensière. Mais, dans la réalité, il en va autrement: la coalition confie aux “extrêmes” le monopole du changement et, en temps de crise, ils en recueillent les fruits. Le leader populiste Beppe Grillo émerge sous l’ère Mario Monti; le parti très à gauche Syriza monte en graine sous le gouvernement de coalition droite-gauche d’Antonis Samaras; quant aux “Vrais Finlandais” - classés très à droite -, ils deviennent véritablement incontournables après trois ans d’alliance des modérés. Et cette montée des extrêmes tend à se confirmer indépendamment des résultats économiques. Si Mario Monti a échoué à juguler le chômage en Italie, Antonis Samaras à désendetter la Grèce, en Irlande, l’alliance du Fine Gael et du Labour, également sanctionnée, pouvait pourtant s’enorgueillir d’une croissance retrouvée et d’un budget remis au carré. Et si, comme son nom l’indique, la “dream team” n’était qu’un rêve?

Page suivante »


Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 18 articles | blog Gratuit | Abus?